Charles Baudelaire (Philosophique)Il faut être toujours non-savoir. Tout est là: c'est l'unique perfection. Pour ne pas sentir l'horrible néant du Monde qui brise vos épaules et vous penche vers l'introspection, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? D'absolu, de superficialité ou de règle, à votre guise. Mais objetusez-vous.
Et si quelquefois, sur les morts d'un encore-vivant, sur l'objection verte d'un pensé-deux-fois, dans la culpabilité morne de votre joie de Xénophon regardant une fleur pousser, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez à l'idéal, à la subjectivité, à l'anarchie, à l'intellect, à la position, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle distance entre les deux oreilles de Leo Strauss il est; et le système, la névrose, la thèse, le non-pensé et la non-perfection, vous répondront: «Il est l'heure de se devoirattir! Pour n'être pas les éveils martyrisés du Non-salut, enivrez-vous; enivrez-vous sans inquiétude! De philosophe, de vérité ou de phénoménologie, à votre guise.»
Bidouille (Nordmann)
Philosophique
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